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Amy : Entre Identité Plurielle et Construction de Soi

« Je ne me considère pas comme une femme racisée mais les gens me considèrent comme telle ». Une phrase qui peut déranger beaucoup d’entre nous, mais nous ne pouvons pas nier que beaucoup d’entre nous ne connaissent pas ce terme ou ne s’identifie pas à celui-ci.

Née à Hong-Kong, Amy vit quelques années au Brésil avant de s’installer en 1996, à Manchester avec sa mère. Sa ville d’adoption, elle l’adore mais après y avoir vécu la majeure partie de sa vie, Amy souhaitait y découvrir autre chose. Entre construction de soi et mixité culturelle, Amy nous partage son expérience et sa façon de voir les choses.

Amy vit pour la première fois seule à l’étranger, lors d’un séjour Erasmus à Barcelone. Pour beaucoup d’étudiant-e-s, Erasmus est une expérience inoubliable qui nous en apprend énormement sur les autres et soi-même et nous aide fortement dans notre développement personnel. Après début compliqué avec une difficulté d’adaptation à son nouvel environnement, Amy ne se voyait plus retourner à Manchester. Elle saisit différentes opportunités de travail dans le monde, à Berlin, à Los Angeles et plus récemement à Madrid. Elle est journaliste en freelance et travaille pour un magazine s’addressant à la communauté anglophone de la ville.

Elle travaille également en tant que professeure d’anglais au British Council. Par ses origines chinoises, Amy remarqua l’étonnement suscité à un tel point qu’on commenca à douter de ses compétences. Il y a cette idée reçue qu’un-e professeur-e d’anglais est forcément blanc-che. Pour Amy cette réaction à plus avoir avec de l’ignorance et de le fermeture d’esprit que du racisne. Cela à avoir aussi sur une conception de l’éthnicité, par laquelle on attend à ce qu’une personne de langue maternelle soit blanche.

Amy n’a pas de ville préférée en soit, mais Madrid est la ville dans laquelle elle se sent le mieux.

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Madrid centre-ville – ©AissaFoto

« Je ne me suis jamais sentie ausi forte et en accord avec moi-même qu’ici ». La confiance en soi, le bohneur, l’équilibre entre la vie professionnelle et vie privée sont ce qui lui permet d’être la meilleure version d’elle-même et de se connecter plus facilement à son intérieur. Habiter à l’étranger peut définitivement nous changer, puisque l’on sort de sa zone de confort et que l’on fait face à de nouveaux défis. Cela lui donne l’occasion de se réinventer et d’être moins souvent stigmatisée.

Beaucoup d’idées reçues fusent dû à ses origines chinoises : elle doit être travailleuse, soumise, bonne en math, parle mandarin. « J’en joue de ces stéréotypes et portent souvent un regard moqueur mais parfois c’est pénible » , dit-elle, particulièrement lorsque

des personnes fétichisent sexuellement les Asiatiques ou que des geeks obsédés par le Japon l’abordent.

Beaucoup de personnes ayant grandi dans un environnement multiculturel, ont souvent ce sentiment de ne pas trouver leur place et de réinventer à leur manière leur identité culturelle. Amy ne considère pas comme Chinoise. Elle n’a jamais grandit dans un environnement culturel où la culture chinoise était très présente. Dès qu’elle va rendre visite à sa famille en Chine, Amy se sent comme déconnectée avec elle et la culture chinoise. Elle se considère avant tout comme britannique ne sent pas particulièrement attachée à la culture puisqu’elle n’incarne pas un cliché ou n’adopte aucun aspect culturel typique.

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Dans un monde de plus en plus globalisé, avoir une identité culturelle mixte devient de plu en plus fréquent

« Pendant longtemps, je me suis sentie seule mais qu’avoir une identité unique qui mélange différentes influences culturelles et d’embrasser ces différences, sont de belles choses dans notre vie» , dit-elle. Pour le moment, Amy ne se voit pas retourner en Grande-Bretagne, elle souhaite explorer de nouveaux horizons. En espèrant que le Brexit ne lui empêche.